Quand on rédige un récit au passé et qu’on tombe sur un verbe en -ir, le réflexe courant est de chercher la terminaison dans un tableau de conjugaison. Le problème, c’est que la terminaison change selon le groupe du verbe. On clarifie ici le cas des verbes en -ir conjugués au passé simple dans un récit français, avec des phrases directement réutilisables.
Verbes en -ir au passé simple : deux schémas de terminaisons à distinguer
En situation d’écriture, la première difficulté concrète est de savoir si le verbe en -ir appartient au deuxième ou au troisième groupe. La terminaison au passé simple en dépend totalement.
Les verbes du deuxième groupe (finir, choisir, réagir, bondir) suivent tous le même modèle : -is, -is, -it, -îmes, -îtes, -irent. On reconnaît ces verbes parce qu’ils font « -issant » au participe présent (finissant, choisissant).
Les verbes du troisième groupe en -ir (partir, dormir, courir, mourir, venir, tenir) ont des terminaisons variables. Certains prennent -is/-it/-irent (partir, dormir, sortir), d’autres passent en -us/-ut/-urent (courir, mourir), et d’autres encore en -ins/-int/-inrent (venir, tenir).
Vérifier le groupe avant d’écrire la phrase
Le test est rapide : si le participe présent donne « -issant », c’est le deuxième groupe, et la terminaison au passé simple sera toujours en -i. Si le participe présent ne donne pas « -issant » (partant, courant, venant), c’est le troisième groupe, et il faut vérifier au cas par cas.
Cette distinction est celle qui pose le plus de problèmes dans les rédactions scolaires, du CM2 à la cinquième. On la retrouve aussi dans les exercices de plateformes comme DicteeEnLigne, qui proposent depuis peu des phrases courtes au passé simple construites en chaînes narratives.

Phrases au passé simple avec des verbes en -ir du deuxième groupe
Ces phrases sont prêtes à réutiliser dans un récit. Elles montrent le verbe en contexte narratif, pas isolé dans un tableau de conjugaison.
- Elle choisit la porte de gauche et s’enfonça dans le couloir sombre. Le verbe « choisir » au passé simple (il/elle choisit) se confond avec le présent à la troisième personne. C’est le contexte narratif qui lève l’ambiguïté.
- Les soldats bondirent par-dessus le muret et franchirent la ligne ennemie. « Bondir » et « franchir », tous deux du deuxième groupe, suivent le même schéma en -irent.
- Le public applaudit longuement, puis le silence revint. « Applaudir » (2e groupe, passé simple : applaudit) suivi de « revenir » (3e groupe, passé simple : revint). La juxtaposition des deux groupes dans une même phrase est un exercice courant.
- Il réfléchit un instant, saisit le document et le glissa dans sa poche. Trois actions ponctuelles enchaînées au passé simple, typiques du rythme narratif recherché dans un récit littéraire.
On remarque que le passé simple découpe l’action en étapes nettes. Chaque verbe marque un événement ponctuel et achevé, ce qui donne au récit son rythme caractéristique.
Conjugaison du passé simple pour les verbes en -ir du troisième groupe
C’est ici que les erreurs se concentrent. Un récit qui mélange « il courut » et « il courit » perd sa crédibilité. Voici les trois sous-catégories avec des phrases d’exemple.
Verbes en -ir qui font -is, -it, -irent
Partir, sortir, dormir, sentir, servir suivent ce modèle. Exemples :
Il partit avant l’aube, sans un mot. Elle dormit d’un sommeil agité jusqu’au matin. Ils sortirent par la porte de derrière et disparurent dans la nuit.
Verbes en -ir qui font -us, -ut, -urent
Courir et mourir basculent vers les terminaisons en -u. C’est le piège le plus fréquent.
Le messager courut à travers la plaine sans reprendre son souffle. Le vieux chêne mourut cet hiver-là, après trois siècles de vie.
Ne jamais écrire « il courit » ou « il mourit » : ces formes n’existent pas. Le passage en -ut est systématique pour ces deux verbes.
Verbes en -ir qui font -ins, -int, -inrent
Venir, tenir et tous leurs composés (revenir, devenir, retenir, obtenir) suivent ce modèle particulier.
Elle vint frapper à la porte alors que tout le monde dormait. Ils retinrent leur souffle pendant de longues secondes. Le calme revint enfin dans la salle.

Tableau récapitulatif : passé simple des verbes en -ir par sous-groupe
| Sous-groupe | Verbes courants | Terminaisons (il/ils) | Exemple dans un récit |
|---|---|---|---|
| 2e groupe (-issant) | finir, choisir, bondir | -it / -irent | Il finit son repas et se leva. |
| 3e groupe (type partir) | partir, sortir, dormir | -it / -irent | Elle sortit sans se retourner. |
| 3e groupe (type courir) | courir, mourir | -ut / -ururent | Il courut vers la sortie. |
| 3e groupe (type venir) | venir, tenir, revenir | -int / -inrent | Ils vinrent à la tombée du jour. |
Ce tableau fonctionne comme un aide-mémoire rapide. En situation de rédaction, on identifie le sous-groupe, on vérifie la terminaison, et on reprend l’écriture.
Articuler passé simple et imparfait avec les verbes en -ir
Dans un récit, le passé simple ne fonctionne pas seul. Il s’articule avec l’imparfait, qui pose le décor et décrit les situations durables. La tendance didactique récente repositionne d’ailleurs le passé simple comme un outil ponctuel pour découper l’action, l’imparfait assurant la continuité narrative.
Voici deux phrases qui montrent cette articulation :
La pluie tombait depuis des heures quand il surgit au bout du chemin. L’imparfait (tombait) installe la durée, le passé simple (surgit) marque l’irruption soudaine.
Les enfants dormaient profondément lorsque la porte s’ouvrit d’un coup. Même logique : l’imparfait décrit, le passé simple fait avancer l’action.
Cette alternance est ce qui donne sa dynamique à un récit. Un texte entièrement au passé simple ressemblerait à une liste d’événements. Un texte entièrement à l’imparfait n’avancerait jamais.
Le point qui mérite attention : « il choisit » et « il finit » sont identiques au présent et au passé simple à la troisième personne du singulier. Dans un récit au passé, c’est le reste de la phrase (imparfait en arrière-plan, marqueurs temporels comme « soudain », « alors », « ce jour-là ») qui confirme qu’on lit du passé simple. Sans ces indices contextuels, la phrase reste ambiguë.

