Oubliez la prudence excessive : depuis le 1er novembre 2019, il existe une voie balisée pour quitter un CDI afin de suivre une formation, en conservant sous conditions son droit à l’allocation chômage. Mais la marche à suivre est stricte. Impossible de claquer la porte sur un coup de tête : sans la validation officielle d’un projet solide par une commission régionale, la sécurité des droits n’est pas garantie.
Dans certains cas, d’autres solutions existent, comme la rupture conventionnelle ou le congé de formation. Selon l’ancienneté, le contrat et le parcours envisagé, les règles du jeu changent. Le respect du cadre légal et des procédures n’est pas une option : il conditionne l’accès à l’indemnisation, et chaque étape compte, jusqu’au moindre document envoyé.
Changer de cap : pourquoi envisager une démission pour suivre une formation ?
Se lever chaque matin avec l’impression de tourner en rond, aspirer à plus, ou autrement. Beaucoup ressentent ce besoin de remettre du sens ou de la perspective dans leur vie professionnelle. Décider de quitter un CDI pour suivre une formation professionnelle n’a rien d’un caprice : c’est souvent le fruit d’une réflexion mûrie, d’un marché du travail qui se transforme, ou d’un secteur qui s’essouffle. Pour beaucoup, l’objectif est clair : rejoindre des métiers porteurs tels que la santé, l’informatique, le commerce, l’hôtellerie-restauration, ou les services à la personne. D’autres souhaitent sécuriser leur avenir en anticipant les transformations de leur domaine d’activité.
La reconversion professionnelle devient alors une réponse concrète à la lassitude, ou à la quête d’un nouveau souffle. Rompre un CDI pour se former, c’est miser sur soi-même, sur ses capacités à se réinventer, en s’appuyant sur une analyse pragmatique du marché et de ses propres atouts. Le projet professionnel se construit ainsi, entre bilan personnel, repérage des besoins du secteur, et identification des compétences à acquérir.
Trois grandes motivations émergent régulièrement :
- Acquérir de nouvelles compétences pour rester à la page face aux évolutions technologiques ou réglementaires.
- Préparer une transition professionnelle vers un secteur dynamique, où les perspectives d’emploi sont réelles.
- Prendre le temps d’une vraie bifurcation, pour donner un tout autre cap à sa carrière.
La formation professionnelle n’est plus un luxe, mais une nécessité pour évoluer, rebondir, accéder à de nouvelles responsabilités. Faire le choix de quitter un CDI pour se former, c’est aussi répondre à des mutations sociales et économiques qui exigent de l’agilité, et parier sur sa propre employabilité.
Quels dispositifs permettent de quitter un CDI pour se former ou se reconvertir ?
Préparer une reconversion professionnelle sans tout risquer : c’est désormais possible grâce à plusieurs dispositifs qui protègent le salarié durant cette transition.
Le dispositif démission-reconversion marque un tournant. Il autorise la démission pour suivre un projet de formation ou créer une activité, tout en ouvrant droit à l’allocation chômage (ARE), à condition de justifier d’au moins cinq ans d’activité salariée continue. L’étape déterminante ? L’examen du projet par la commission régionale Transitions Pro, qui valide ou non son sérieux.
La rupture conventionnelle reste une voie appréciée : en accord avec l’employeur, la séparation donne droit à l’indemnisation par France Travail, sans obligation de prouver un projet de reconversion.
Certains choisissent de se former tout en restant salariés. Le PTP (projet de transition professionnelle) permet de suivre une formation longue, avec maintien (total ou partiel) du salaire. Le CPF (compte personnel de formation) offre la possibilité de financer diverses formations, parfois sur le temps de travail si l’employeur donne son accord.
Pour structurer votre projet professionnel, plusieurs outils s’offrent à vous :
- Bilan de compétences : il aide à clarifier ses envies, ses forces, ses pistes d’évolution.
- VAE (validation des acquis de l’expérience) : obtenir un diplôme grâce à son expérience.
- Plan de développement des compétences : souvent initié par l’employeur pour accompagner l’évolution des équipes.
- Dispositif Pro-A : se former en alternance tout en restant en poste.
Le choix du bon dispositif dépend de votre ancienneté, de votre projet et de la relation avec votre employeur. Les démarches passent par Transitions Pro, France Travail ou les ressources humaines de votre entreprise. Chacun de ces acteurs joue un rôle clé pour encadrer et sécuriser la démarche.
Étapes clés et démarches à respecter pour sécuriser votre transition
Avant toute décision, préparez soigneusement votre projet professionnel. Le Conseil en Évolution Professionnelle (CEP) est la première étape : ce service gratuit, obligatoire dans le cadre d’une démission-reconversion, permet de poser les bases, d’évaluer la cohérence du projet et de vérifier la pertinence des démarches à venir.
Pour bénéficier du dispositif démission-reconversion, il faut pouvoir justifier de cinq ans de salariat continu (1 300 jours au cours des 60 derniers mois). La Commission paritaire interprofessionnelle régionale (CPIR), ou Transitions Pro, doit valider le projet, attention, sans cette validation, pas d’ouverture des droits à l’allocation chômage après démission.
La rédaction de la lettre de démission ne se fait pas à la légère. Assurez-vous d’y préciser :
- vos coordonnées complètes,
- le nom de l’entreprise,
- la date d’envoi, votre poste et la date de prise de fonction,
- la durée du préavis et la date de départ souhaitée,
- le motif de la démission (projet de formation ou reconversion).
Respectez minutieusement le préavis, tel que défini dans le contrat ou la convention collective. Cette période peut aussi être l’occasion d’utiliser le CPF pour une première formation. Une fois la démission actée, France Travail vérifiera la réalité du projet. Si vous devez passer un examen, il est possible de solliciter un congé spécifique auprès de l’employeur, sur présentation du certificat d’inscription.
Ressources et conseils pour réussir sa reconversion professionnelle en toute sérénité
Pour donner toutes ses chances à sa démarche, le choix d’une formation certifiante s’impose souvent. Les cursus proposés par L’École Française, éligibles au CPF, sont pensés pour répondre aux besoins réels du marché. Les métiers à privilégier ? Ceux où la demande ne faiblit pas : services à la personne, santé, informatique, numérique, commerce, hôtellerie-restauration, loisirs, fonction publique, justice.
Un projet de reconversion professionnelle solide se construit pas à pas. Le Conseil en Évolution Professionnelle aide à faire le point sur vos compétences, à clarifier vos envies, à repérer les dispositifs de financement adaptés. Le bilan de compétences ou la Validation des Acquis de l’Expérience (VAE) permettent de valoriser son parcours et d’apporter des preuves concrètes de son savoir-faire dans un dossier présenté aux organismes financeurs.
Pour ne rien laisser au hasard, il est recommandé de solliciter l’aide d’organismes spécialisés. Voici les principaux interlocuteurs à connaître :
- Transitions Pro pour l’analyse et la validation du projet
- France Travail pour la gestion de l’allocation chômage et le suivi après la démission
Se reconvertir, c’est aussi anticiper la question financière, choisir une formation reconnue et ne pas négliger l’importance d’un accompagnement. Les retours d’anciens salariés qui ont franchi ce cap, les réseaux professionnels et les conseils pratiques glanés au fil de la préparation font souvent la différence entre un projet fragile et une transition réussie. Saisir ces opportunités, c’est ouvrir la porte à un avenir professionnel qui vous ressemble, et dont vous serez l’acteur principal.


